mardi 27 mai 2008
Christophe Massé présente le 28 au 28: Sous la Tente; un programme d'expositions inédit
le
28
au
28
28 rue Bouquière 33000 Bordeaux (France)
Un programme d’interventions, d’expositions et de rencontres ponctuel.
Le 28 de certains mois, toute la journée (10h/21h) au 28
(Pintura, 3D, photographie, vidéo, installation, perf, lecture, installation, dérangement & autres composants)
Un artiste, une ou plusieurs oeuvres, un état des "choses" pour changer votre vision du Monde (oui oui c'est sérieux !)
Aujourd'hui bon nombre d'artistes (qui d'ailleurs ne se plaignent pas toujours) vivent dans une situation de précarité que la plupart d'entre-eux ont choisi et qui peut s'apparenter à celle des misérables. Ce n'est pas récent et Nicolas Sarkozy n'y est pour (presque) rien, même s'il ne se démarque pas lui aussi de ses prédécesseurs et ne souhaite pas, lui aussi, inscrire l'artiste au sein d'un projet politique, social et économique susceptible d'aider les français à sortir de leur pèlerinage dans les hypermarchés, et les laisser consacrer un temps à un autre rêve, comme à une autre instruction, menant sans doute à une authentique liberté, une autre fraternité et pourquoi pas vers une égalité qui comblerait le fossé dont tout le monde parle.. à part ceux qui sont tombés dedans et ceux qui se trouvent du meilleur côté...
Entre 1978 et 1982, dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude avec Michel Forés puis avec Bernard Marti ; Christophe Massé réalise des peintures dans des bâtisses abandonnées.
Quelques invitations sont réalisées pour convier des personnes à venir voir ces travaux éphémères.
En 1982, à Perpignan (66) il fonde Le Cafard (1982-1989) graphzine photocopié, 22n°s (avec les participations originales de créateurs issus de milieux divers): Placid, Rugerro Maggi, Daniel Buren, Michel Forés, Dominique Leblanc, Herbie Hancock, Fred Forest, Sébastien Morlighem, Franck Garcia, Claude Minière, Philippe Billé, Christophe Petchanatz, Ben, Christian Delacampagne, Ryosuke Cohen, entre autres, verront le jour. Plusieurs centaines d’articles dans la presse indépendante de l’époque témoigneront de l’activité de la bête, ainsi qu’une liaison à un réseau planétaire (l’ancêtre d’Internet), pour des échanges de productions et de participations à des projets artistiques divers indépendants et alternatifs. "Le principe de l’exposition d’une journée, quelque part chez quelqu’un, dans un appartement, un garage, sur une terrasse ; durant un voyage, sur un bateau, une plage, dans les toilettes d’un musée ; né pour moi dans ces années, sans que cela devienne une attitude ou une sinécure, ni la faim justifiant les moyens." Marcellin Lerrouge interview in catalogue funicular de oyos, arco off Madrid 1985
De 1979 à nos jours: une centaine d’interventions /expositions ponctuelles sont à dénombrer.
Pour exemple, En 1979, José de Souza et Christophe Massé exposent un collage qu’ils brûlent, mettant le feu (involontairement) à l’appartement chez Serge 3 Oldenburg à Nice. Christophe Massé et Marcellin Lerrouge organisent en 1984 chez Fog Lilas rue des Canettes à Paris l’exposition : one day in Paris. Suivra en 1985, avec Roger Cosme Estève ; dos pallagostins à Formentera (Baléares). En 1986 Christophe Massé expose une peinture sur nappe chez Jocolet, au septième étage dans un appartement de la rue de l’Echiquier à Paris, trente invitations, un visiteur : Pierre Restany. Avec Alain Ferrini et Françoise Caruana à la Machine à écrire à Paris, en 1989. En 1994, 26 autoportraits sur sachets de thé chez Rainer Schors à Cologne ; Une journée chez Isidore Krapo à Bordeaux pour une rétrospective d’identitêtes en 2003 ; A l’initiative d’Alfred Mauve ex Christian Rideberger, tête à tête au Palomar à Barcelone en 2004.. récemment au Belvédère à Montrieux.
Situation au jour d’aujourd’hui (wharf !)
Un grand nombre de personnes plus ou moins en rapport avec le milieu artistique expose ce qu’il considère être de l’art chez lui, dans son atelier, dans sa maison où son magasin. (De L’art partout et nulle part Tony Cabrefigue journal d'un vernissageur 1985 Glauk éditeur)
Le concept est généralement toujours le même, les tensions et les enjeux bien tempérés. L’institution provoque sans cautionner ce système.
Cette attitude est en relation avec le mode de fonctionnement du système économique français, lui-même de plus en plus basé sur la démerdagade (ex système d, ex débrouille).
Le marché de l’art en France est morose paraît-il. Un nombre toujours plus grandissant d’artistes est résigné à l’auto-production. Des structures nouvelles basées sur le système du bénévolat se laissent récupérer par les instances après avoir commencé un travail frondeur que les vanités ne suffisent plus à retenir. Dans ce contexte, le projet "Sous la Tente" ne va pas révolutionner la manière de montrer de l’art mais il s’imagine structure épisodique dans le champ artistique actuel, se chauffe comme sur une piste d’exposition/action ponctuelle proche d'une collection littéraire à long terme. L’hébergement d’une ou plusieurs œuvres échappées, transitant par un domicile (en l’occurrence l’atelier du 28 rue Bouquière à Bordeaux), montrées dans des conditions d’hébergement pouvant s’apparenter à de la clandestinité. Présentées par un artiste: Christophe Massé, désireux d’apporter un éclairage sur l’œuvre d’un créateur dans un contexte particulier, de création émergente, en insistant pour mettre en scène le côté dérisoire autant que vaniteux de toute démarche artistique, pour peu qu’elle soit confrontée à sa réalité sociale.
Je suis heureux de présenter l’œuvre originale d’artistes dont le travail m'interpelle; qu'ils soient bordelais, aquitains, hexagonaux ou étrangers, à un public curieux et désireux de soutenir cette démarche, d'acquérir l'oeuvre présentée, comme de mettre l’accent sur l’ambiguïté de créer et de persévérer dans une démarche artistique quand la conjoncture ou la survie et la résistance à tout, sont devenues mode de vie.
Les artistes présenteront une oeuvre originale, jamais exposée à Bordeaux, mais pas forcément en rapport avec un concept. Liberté pour devise comme parfois sous la tente l'on peut l'être. En hommage aussi à la vie des nomades.
Après les expositions "Bordeaux/Cologne: Une rencontre" organisée dans Le Hangar en Bois en 2006, "Autres de Barcelone" présentée à la Nouvelle Galerie pour Estelle Séré et les Sept rencontres du programme pour l'Atelier Isidore Krapo en 2007, cette nouvelle série d'interventions se concrétisera dans un espace qui m'est maintenant personnel: l'atelier que je partage avec deux jeunes créatrices (Carine Tarin et Malvina Lawrie).
Le programme 2008/2009 est en cours de réalisation.
Les échéances numéros Zéro, Une et Deux sont prévues pour le mois de juin, septembre et octobre 2008.
Le 28 du mois au 28 de la rue Bouquière de 10h à 21h (sans vernissage)
Attention ! un rêve peut parfois en cacher un autre™
Le 28 au 28 est copyright, mais il souhaite être digne de la belle formule 1/1, 2/2 etc.. de l'Atelier Isidore Krapo à laquelle la plupart des initiatives bordelaises de ce genre peuvent se réfèrer.
Dans la presse lyonnaise
Le magazine trimestriel lyonnais Reelfët me fait l'honneur d'un article sur mes travaux (à paraître en Octobre). En attendant il existe des versions http://relfet.blogspot.com et http://association.showroom.free.fr/MJJ20080409.pdf
jeudi 15 mai 2008
Perpignan en Mai 68: Au centre de la terre (1)
Merci au critique d'art Jacques Quéralt d'entretenir la légende de Marcellin Lerrouge (1961-1991) et Christophe Massé, de nous citer plusieurs fois dans le gros, très gros.. une baudruche même, catalogue de l'exposition: Perpignan et la fièvre de Mai 68. Même si en 1968, Marcellin et moi étions encore des voleurs de malabars, nous nous sommes certainement inspirés du souffle de liberté de cette époque pour bâtir notre petite entreprise de rien du tout et de mort aux cons jusqu'au nihilisme punk de la génération suivante.. et encore à l'heure actuelle, nous sommes certainement demeurés les fidèles d'une révolte permanente, intérieure et légère. Je regrette, néanmoins que les initiatives, à mon avis les plus liées à l'esprit de 68 ne soient pas mentionnées dans cet ouvrage. Je ne veux pas parler, me concernant, de mes actions de la fin des années 70: l'exposition (peintures, danse, performances) organisée avec Lolita Danse dans la Chapelle St Dominique par exemple mais des expositions sauvages dans les lieux désaffectés (relais routier abandonné de Fitou, ensemble des murs des bâtiments en ruine sur les bords de la Têt avec Michel Fores puis Bernard Marti et la "dream team" des beaux-arts, les actions/expositions "Ramos" et "Voyeurs et doigts piquants" organisées avec Christian Granado-Hernandez. Elles auraient pu, comme l'évocation d'un travail encore plus marginal débuté en 1980: fanzine, auto-production photocopiée, films super 8, émission de radio, premières expositions ponctuelles en appartement, investissement de lieux abandonnés, travail dans la nature et les rues.. refléter réellement cette petite place underground occupée par et sur la scène perpignanaise par une poignée d'artistes. Travaux diffusés par un réseau international composé d'autres créateurs non désireux d'adhérer totalement au fonctionnement institutionnel.. à l'origine de l'art indépendant et alternatif des années 90. A Perpignan comme dans un bon nombre de cités, nous nageons en plein paradoxe: caméras de surveillance à chaque coin de rue et exposition pour commémorer "la révolution" .. comme si l'envie de balancer des pavés ou de parler de changement de société était un vieux rêve à enfermer entre quatre murs.. les uns à Bordeaux, célèbrent l'abolition de l'esclavage sans faire une action contre l'esclavagisme contemporain, les autres à Perpignan se font l'écho d'une jeunesse perdue/disparue mais transforment leur cité en un grand terrain d'injustice sur lequel les parias sont d'un côté et les nantis toujours de l'autre..
Perpignan et la fièvre de Mai 68 des ultimes avant gardes à l'institutionnalisation du monde de l'art (1968-1986) Couvent des Minimes jusqu'au 27 mai
mercredi 7 mai 2008
Journal de Mars (4): Buraglio-Garcia-Brouillon: cadavres d'esquisses & cas graves d'exquis


claude buraglio, jo brouillon, franck garcia (fragments) photographies et agencement de l'image cm 2008 droits réservés)
Langon pour moi n'existe pas. Je me vois avec Patrick Roy et Pierre Mainard nous photographiant devant la librairie, il y a déjà si longtemps. Je ne pense jamais revenir à des endroits où je n'ai rencontré personne et ici l'institutrice est partie. Elle aurait certainement pu être rencontrée vraiment, car elle était chouette mais elle est partie et Langon est comme une rue dans les westerns spaghettis; elle ne m'aimante pas. Autant dire que la proposition de Franck, Claude et Joël sonnait un premier mai les cloches de mon muguet allergique. Le pique-nique dans la tradition des bords de fleuve avec des tas de denrées posées sur des plaids et des torchons fût une réussite. Déjeuner sur l'herbe, un plaisir rare a emporter avec les parfums des premières chaleurs intimes comme externes. Un teckel qui me fit me souvenir de la foune jusqu'aux larmes; le mien gardé si longtemps dans les plis de l'adolescence furibonde. Il y avait les uns et les autres; Vincent, François, Carine, Estelle, Emilia. Côté jardin: un beau soleil et des trous bleus dans un ciel strié de fumée crachée par les avions de ligne. Côté art: Franck Garcia tient ses promesses tues. Le seul peintre au monde a ne pas être orthographié correctement dans les médias traditionnels présentent des oeuvres qui dégoulinent le strict minimum/essentiel de la classe. Un fantôme qui aurait compris tôt, que dessiner ne sert pas à grand chose et ne se conjugue pas avec savoir-faire. Des paysages de bras, de mains, d'oiseaux morts, de faciès verdâtres et sanguinolents en rupture avec la présence. Spectacle pour asticots le ventre vide et la soif de prendre en peinture des vapeurs de térébenthine comme on trempe son nez dans un ballon de rouge oxygène. Claude Buraglio possède un coup de crayon comme on se plaît à dire; elle couche sur le papier, la banane et le chapeau dans le même panier. Peau de marbre, couvre chef, galurin, pelure, et de grands tirages que le plexiglass porte en noblesse. C'est aussi un beau travail dans des gris séduisants quand la dextérité fait place au cri que l'on peut pousser dans les hautes herbes. Jo Brouillon n'est plus à présenter. C'est une plaie de zan et un sourire réglisse à la fois. JoB doit savoir que JOB avec un losange à la place du O sont en fait les initiales de Jean Bardou créateur d'un papier à cigarettes réputé. Le losange dans lequel se trouvait initialement les bandes sang sur fond or du drapeau catalan se transformèrent progressivement en O. Et dans l'esprit des gens, jusqu'à donner JOB (le fameux papier à consommer avec modération, fumer tue, femmes enceintes attention ! prostate et maladies cardio-jeunes s'abstenir etc..) JoBrouillon donne l'impression de recycler en permanence, tant sa production est importante comme ses jeunes mots d'humour sortis de sa barrique à idées. Il brille de ses feux, en virtuose propage le son de l'idée loin devant lui comme un ballon sur la moquette, pour le régal des yeux et le feel des oreilles. Les trois se sont réunis/confrontés sur une longue série de grandes toiles libres, pour ce jeu O combien pas évident du cadavre exquis et ont trouvé leur filon. Trésors dans les Carmes. Le mystère Buraglien flirtant avec les belles peaux Garciesque sur fond d'intrigue et de slogans Brouillonaire.. Voici un pari osé et tenu qui nous dirige directement vers nos encyclopédies pour réviser Dada et d'autres, pour fouetter le cheval de sa mémoire et boire jusqu'à la lie, la crème et l'idée qu'en peinture aussi, en ce beau mois de mai... l'union fait la force et l'oignon la farce d'une belle quiche à savourer les fesses dans l'herbe.
Thanks à vous 3.
L'exposition se poursuit aux Carmes à Langon, salle Georges Sand jusqu'au 17 Mai (voir liens JoBrouillon, Franck Garcia sur ce Blog)
dimanche 4 mai 2008
Montrieux/Naveil 5x5 au Belvédère
le belvédère pendant l'accrochage de 5x5 (photographie anne massé 2008)
C'est dans l'entrée de la champignonnière que les expositions se passent. Plusieurs belles salles taillées dans la roche. Plus loin la grotte et le parcours que l'on peut faire avec Alain Gestin en prenant rendez-vous.
Les amitiés ont comme les fleuves des moments de crues et des instants où impassible l'onde glisse sur presque plus rien. Cela aussi va dépendre des bouillonnements et de la vie intérieure, enfouie, inextricable comme inexplorable. A Bergerac, d'une Dordogne paisible un pêcheur extirpa l'autre jour sous mes yeux un silure venue d'un autre âge et aucun badaud n'aurait pu dans sa quête du samedi après-midi dans les magasins du bourg, imaginer seulement quelques secondes plus tôt contempler cet immense poisson (mythologique) et penser à une rivière habitée de la sorte. A Naveil Montrieux le Loir doit renfermer ses secrets, sa tendresse, son mystère. Alain Gestin dans ce chantier de vie à ciel fermé fabrique, avance et raconte avant de filer sous d'autres cieux remplir sa besace de paysages, de rêves, d'illusions et de croyances; celles liées au travail artistique sous sa forme la plus nécessaire. En ours montreur d'art, il dévoile une partie de son tempérament et dans ce magnifique espace propose des expositions ponctuelles avec plus ou moins le retentissement médiatique mérité. Là n'est pas la question.. créer se nourrit d'expériences de vie.. douloureuses et sublimes.. justement pour tenter de négocier notre passage sur terre; de le rendre merveilleux dans les meilleurs et les pires instants..
Il avait convié Amel Zmerli, Philippe Kaïkdjian, Antonella Bussanich et moi même à le rejoindre pour exposer quelques oeuvres suite aux interventions respectives que nous avions déjà réalisées dans la champignonnière. Un travail de groupe qui fait son chemin comme le travail personnel de chacun ici pour aboutir quelque part de la pénombre de la champignonnière à la lumière du belvédère..
de gauche à droite: amel zmerli: peinture sur toile, philippe kaïkdjian: ombre d'une sculpture, antonella bussanich: installation/vidéo, alain gestin: "maternités" peintures, christophe massé: "de mayotte à köln" acrylique et huile, fil de fer, brosse à dent sur skate-board (photographies ab (3) cm (1,2,5) et ag (4) 2008 droits réservés)


