dimanche 19 octobre 2008
Aurélie Diard: Un journal (8)
L'enfant du parc, le 7 Octobre, Bucarest, Aurélie Diard (dr).
Coup de blues à Bucarest,
Prise de conscience soudaine que je vis à des kilomètres de mes amis, de ma famille, de lui. Ce matin, ils semblent tous avoir senti que ma gorge commençait à trop me serrer. Des voix, des mots gentils, des rires, une image, une autre. Et puis, au bout du compte, pas grand-chose. Mais qui fait beaucoup pour moi, assise sur le sol de ma chambre. On doit se contenter des rapports électroniques et qui font mal à la tête. Quelque chose manque: toucher. Je les trouve tous très beaux sur cet écran, comme s’ils avaient pris le temps de se préparer. Un petit peu plus que d’habitude, avec un peu plus d‘attention. Leurs rires me font beaucoup de bien. Ça m’envahit. Je craque au moindre mot un peu plus tendre que d’habitude. Prise de conscience collective. On réapprend à se dire des choses essentielles. Je ressens un manque. Un vrai manque qui me bouffe l’estomac. Je n’ai pas faim. Les larmes prennent trop de place. Mais elles ne dépasseront pas mon esprit. Je pleure. Un peu, très vite. Le temps de penser à ce que je pourrais faire en ce moment, en France, avec ces mêmes personnes. Mais je n’y suis pas.
Je n’arrive pas à dire « au revoir ». Je ne sais pas vraiment quand est-ce que le hasard fera que les connections seront synchronisées. C’est toujours une surprise. C’est surement meilleur?
samedi 18 octobre 2008
Sous La Tente: Adensi - La forme de ce qui n'existe pas -
Adensi: La forme de ce qui n'existe pas
A Dan Flavin alors !
Adensi est un beau mot, une marque de fabrique. Un condensé de plusieurs morceaux de mots qui m'a fait au fil du temps oublier le prénom et le nom de ce jeune homme et le retrouver au prix d'une petite gymnastique cérébrale à laquelle je prends l'habitude en vieillissant, chaque fois que j'ai quelque chose à lui dire ou mettre tout simplement au point avec lui. Adensi est de ces personnages qui se sont imposés à moi, alors qu'un énorme nombre de "choses" doivent nous séparer. Ce que je n'avais jamais perçu autrement que comme des photographies s'est aussi matérialisé dans mon imaginaire en un travail plastique documentaire, maintenant geopsychographique et au fil du temps est devenu aussi impératif à suivre que certaines autres oeuvres à consulter au jour le jour, à travers cet étonnant outil qu'est le blog. Si j'aime le journal, l'idée d'autobiographie et l'intimité des gens capables ou susceptibles d'évoquer et de convoquer les énergies poétiques des inventaires; j'aime la rigueur avec laquelle Adensi promène son oeil dans les friches inconscientes du matériau, de la substance, de cette diagonale des sentiments qui perfore le plan pour questionner l'histoire de sa construction en se référant aux fondations comme à la résistance des liquides, des matériaux, des lumières et des sens. Promener c'est aussi et c'est ce qui sépare la vision de l'artiste de l'élaboration radicale des maîtres conceptuels, qui parfois vouent à leur verticalité tellement d'ambitieuses récoltes qu'ils omettent de traiter le don qu'est celui d'initier à l'art rare d'aller vers la diagonale. Fan de la strate et du plateau, je dois aussi quelque part être en osmose avec cette idée de profondeur qui passe bien souvent; ni par l'enfouissement et l'exhumation, ni par la sublimation de l'érigé comme de l'érection mais plutôt par cette ascendance à perforer les couches d'un humus entreposé contre un mur qui pourrait à lui seul être un sol comme un ciel. Adensi me parle d'une mémoire instantanée qui va disparaître ou tellement vite se retrouver un peu plus loin comme un paysage déjà vu, connu, espéré, senti que j'utilise avec son travail toute la réserve dont je puisse être capable, pour le situer sur le sentier emprunté par ces voyageurs qui glanent et notent sur des calepins reliés, les précieuses observations qui iront un jour rejoindre l'imaginaire de ce qui n'existe pas. Une mémoire pour rien; de la ville et de son environnement. Un travail plastique réel comme une oeuvre mature et achevée qui paradoxalement ne fait que commencer. Bordeaux, Christophe Massé.
Christophe Massé
présente
Sous La Tente
Adensi
geopsychographie
le mardi 28 octobre 2008
de 11h à 20 heures
28 rue Bouquière à Bordeaux
"Que dire, sinon que je suis né à Limoges il y a 35 ans -1973, étudié à Angoulème, Paris, puis Angers aux Beaux Arts, en architecture intérieure. Les beaux Arts, c'est vrai, permettaient pleinement la transversalité que sans doute je cherchais; sorte d'exploration-assouvissement-accomplissement de saines transgressions en toute liberté. Nous sommes ce que nous semblons être, et, autre chose.
Transversalité entre arts, pratiques, personnes différents entre eux mais sous le même toit. L'archi rassemble pour moi la nécessité créative et rationnelle. L'"art", ou création, pratique artistique m'a toujours captivé, attiré, sans pour autant que je n'ose vraiment officiellement et uniquement me revendiquer en tant qu'acteur. L"art" doit avoir pour moi un côté irrationnel, terrible, magique, sublime. Inhérent en tout homme. J'aime et ai sans doute toujours aimé être là où l'on ne m'attend pas." Adensi
mercredi 15 octobre 2008
Journées des Métiers d'Art: Malvina Lawrie et Carine Tarin
Pendant les journées nationales consacrées aux Métiers d'Art (16 au 19 Octobre), je ne peux que vous inciter dans votre parcours bordelais à découvrir les créations originales de Malvina Lawrie (Bijoux) et Carine Tarin (Céramiques) dans le bel espace/show room au 28 rue Bouquière (proche Grosse Cloche, Place Lafargue, Cours Alsace Lorraine).
dimanche 12 octobre 2008
Christophe Massé: Exil en Tête chez Pierre Mainard, éditeur
EXIL EN TêTE LIVRES D’ARTISTES Pierre Mainard, éditeur
Dormir n’existe plus depuis si longtemps.
Parfois c’est se reposer une bière entre les jambes.
Le plus beau c’est avec votre tête posée sur ma poitrine.
Et les yeux se ferment dans des filaments mordorés.
L’explication du pourquoi le ciel est bleu.
Un texte de Christophe Massé illustré par six dessins
100 exemplaires sur Brut de Centaure.
Trente exemplaires accompagnés d’une peinture originale, numérotée et signée par l’auteur. Numérotés de I à XXX
Commande : Christophe Massé 28, rue Bouquière - 33000 Bordeaux Prix : 90 Euros
&
Soixante-dix exemplaires. Numérotés de 31 à 100
Commande : Pierre Mainard, éditeur 14, place Saint-Nicolas - 47600 Nérac Prix : 25 Euros
Participation frais port 4 euros
samedi 11 octobre 2008
Sous La Tente: Patrick Rabiller (remerciements)
installation de la zap collection Sous La Tente (dr 2008)
Pour ce premier "off" de Sous La Tente, quelques échanges fructueux. Quelques nouveaux visiteurs. Merci à Sud-ouest, au public, à Patrick Rabiller.
Je travaille pour une diffusion ponctuelle de l'oeuvre des artistes qui souhaitent à un moment donné investir cet espace. Sous La Tente est expérimental, innovant, conciliant. Il peut être une perspective pour entériner une période comme un laboratoire pour imaginer un concept. Souplesse, hommage, sentiments et fédération. Tiens fédération ! Vous avez dit fédération ? Comme c'est bizarre. Regrouper les ardeurs, fortifier les énergies, servir de terrain d'atterrissage à des créateurs européens voir d'autres horizons plus lointains et de piste d'envol pour certains projets particuliers made in bordeaux. Passer, faire passer. Opportunistes, piqueurs d'idées et suceurs s'abstenir. Sponsors privés bienvenus.
lundi 6 octobre 2008
Aurélie Diard: Un journal (7)
un chien à Bucarest Aurélie Diard (dr) 2008
Les chiens de Bucarest,
Avant de partir en Roumanie, j’entendais une rumeur qui disait que la capitale était envahie par des chiens, des « bâtards ». Comme ils aiment dire.
C’est une réalité, et qui dérange. Cela paraîtra peut-être stupide pour certains mais je crois que ces chiens ont été ma première source d’inspiration en arrivant au campus de Grozavesti. On appelle cela « l’accommodation ».
A chaque pas que je fais, j’en croise un, deux ou dix. Cela dépend du moment de la journée. La matin, je m’assois à la table verte, celle qui est prés de l’unique fenêtre de la pièce. Lieu qui nous sert à la fois de salle à manger, de bureau et de boîte de nuit. Et puis, il y un chien qui lève une oreille quand il entend ma chaise grincer à l’étage. Il est au soleil, tout étendu et ne paraît pas s’en faire vraiment. Et pourtant.
Ces chiens ont été éloignés du centre ville, ce qui explique pourquoi ils peuplent à présent les campus universitaires. Je me dis très vite que ces bêtes collent complètement au paysage. La terre dans laquelle ils traînent leur sert de matelas et la poussière semble créer autour de leur corps une enveloppe protectrice. Ils traînent et mangent les poubelles, ce qui leur laisse en quelque sorte une part de « variété ». Ils ne cherchent pas à « squatter »: ils ne dorment même pas sous les voitures. Je me demande encore pourquoi ils ne passent pas les portes des locaux. Peut-être parce que le froid n’est pas un réel souci: ils sont roumains.
Ils n’attaquent pas l’homme. Et pourtant, ils auraient le droit de se retourner contre eux. Un seul homme, un jour, a décidé et ordonné d’abandonner ces bêtes. C’est là qu’ils ont commencé à dominer la ville: problème. Castration, euthanasie et sûrement d’autres moyens ont été utilisé pour réduire la population canine roumaine.
Quand on arrive la première fois à Bucarest, un léger sentiment de peur et de gêne nous envahit une seconde. Les chiens sont là. Ils ont tous cette tête de baroudeur que rien n’arrête. Ils ne ressemblent à aucun autre chien. Ils ont dans les yeux une juste dose de tristesse. Ce n’est pas de la pitié que je ressens, plutôt de la compassion. J’ai envie de les respecter. Parce qu’ils respectent finalement les humains.
Pourquoi cette attitude là? Alors qu’on continue à les tabasser, les empoissonner ou les insulter. Se sentent-ils comme « aimés » par les étudiants? Eux aussi, mis à l’écart par faute de moyen. Les hommes et les chiens aussi perdus. Alors, il flotte ici une poésie.
Mêmes abîmés par les coups, les accidents ou la gale, les chiens de Bucarest sont dignes. Ils se tiennent droits sur les bottes de terre comme les maîtres du royaume venus nous souhaiter la bienvenue. Mon âme se réchauffe.
Tous les matins et tous les soirs, j’ai donné un petit bout de je ne sais pas vraiment quoi, ni de quel sentiment à ces bêtes. On ne peut pas refaire l’histoire. Les chiens de Bucarest sont l’image d’une histoire encore trop fraîche dans les esprits de l’Est. Ils s’adaptent, comme les habitants. Je ne cherche pas à dénoncer une erreur. Je cherche à partager un sentiment étrange qui est là quand je croise un seul de ces chiens devant la sortie du métro.
Mais je crois encore en cette pensée qui dit que le chien est le meilleur ami de l’homme. Il est souvent là au bon moment, quand il n’y a plus trop d’espoir. Plus personne.
Voilà un bout de Bucarest en 2008.
jeudi 2 octobre 2008
Sous La Tente: Patrick Rabiller
Christophe Massé
présente
Sous La Tente
Patrick Rabiller
photographies de la collection: Zap
le vendredi 10 octobre 2008
de 10h à 15 heures
28 rue Bouquière à Bordeaux
En "off" (pour les dates hors 28) Patrick Rabiller exposera Sous La Tente la fameuse collection de photographies Zap (lire sur ce blog l'article consacré à ce travail: Le Club des Instants de Patrick Rabiller 03/07/2007 suivi des éclairages du photographe le 18/10/2007).
Photographe vivant à Bordeaux, Patrick Rabiller est un homme discret autant que présent. Il promène son oeil droit dans le cadre et qualifie de "in situ du monde" ses prises de vues et de positions. Dans cette collection d'images, l'on retrouve de multiples envies; celle en premier de conserver le lien avec les autres, pour leur fournir matière à garder chez eux un peu de lui. Au chaud l'hiver sur la porte du réfrigérateur, au frais l'hiver punaisées sur les persiennes; elle oscille entre poésie et narration. L'envie aussi de se tenir proche des démarches contemporaines; trouver dans l'inventaire et l'archive, le plaisir de se retrouver face à son entreprise de vie. Photographe et individu subtil, érudit. Les titres comme les timbres pour cette Collection particulière vont dans cette espèce d'espace tenter de proposer une lecture simple, souple et silencieuse en ses temps merveilleux de reprise en main du rêve sur la finance.
Le même jour à partir de 19 heures, retrouvez Patrick Rabiller en compagnie de Richard Cerf et Patrick Toth chez Isidore Krapo: 17 rue Elie-Gintrac pour une exposition de leurs travaux.
mercredi 1 octobre 2008
Art Brut Subtil chez Reelfet
La version papier (septembre 2008) du magazine lyonnais reelfet art contemporain propose à ses lecteurs un éclairage sur mon travail de peinture, sous le titre: art brut subtil. Même si je reste dubitatif quand au montage des informations glanées ci et là, il s'agit d'une sympathique attention arrivée par la poste diligence ce matin. Merci.


