le blog de christophe massé

chroniques et informations.

jeudi 29 janvier 2009

Sous La Tente: Hubert Lucot (remerciements)

IMG_5511 Mardi vers midi en arrivant chez moi j'ai trouvé un petit mot lettre/collage de Hubert Lucot: Cher Christ, cher Maçon. 28 janvier ! La somme. La Somme, Saint Thomas. J'ai téléphoné chez Hubert Lucot pour lui parler et lui expliquer comment je venais d'accrocher Sous La Tente ses 149 enveloppes et extraits de la correspondance . Dans l'écouteur j'ai entendu HL venir pour prendre le combiné que devait lui tendre AM, en disant avec son humour caractéristique: Christ sauveur ! Nous avons discuté un petit moment. Comme d'autres choses dans ma vie je regrette de ne pas avoir rencontré Monsieur Lucot plus tôt. C'est comme ça. Mercredi j'ai ouvert à onze heures moins dix. Je suis allé un peu avant prendre au supermarket le Kubit de vin que je destine aux visiteurs..  J'ai regardé la vitrine dans laquelle j'ai posé des exemplaires de Crin avec le Langst, Opérateur le néant, et mes préférés: Jack Regrouper, Absolument et aussi Faire-Part, la belle revue consacrée à Lucot et d'autres ouvrages. Je suis content de cette formule elle peut paraître abrupte mais comme me disait Sabah el Jabli dans un e-mail: Sous La Tente, avec le temps va marcher, parce que tu es en dehors de la superficialité, et c'est peut-être "petit" pour l'instant mais vrai, intense. Je veux que cela reste petit. Un petit club d'intrépides. J'ai rencontré encore quelques personnes nouvelles et pu faire connaître et donner envie j'espère de lire cet écrivain dont je ne vais pas répéter assez quel attachement j'ai pour ses écrits et le personnage.

Merci à Hubert Lucot, aux visiteurs, à ceux qui m'ont témoigné durant la semaine en m'écrivant leur attachement eux-aussi à l'écrivain et son oeuvre. A Crin qui va bientôt être défendu à New-York et pourquoi pas traduit ! A ceux qui ont acheté Crin, Sous La Tente, à Carine..      

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Pile et face tramway (11): Tempête et passion

vieille_voiture

" On ira tous les deux jusqu'au bout... je sais que tu m'aimes." Raphaël (chanson pour Patrick Dewaere)

Le tramway comme internet n'est pas toujours une bétaillère infâme; c'est parfois là, où flotte la fragrance de la fraternité, quand les sourires du rien se retrouvent sur une fréquence complice. Le feu tonitruant dans la cheminée. Les enfants à la peau dure. Les meurtres pas loin comme des vélos volés. Le souffle épais du long apprentissage. Le lointain train jaune de l'enfance. La lueur dans les yeux avant le plaisir des infiltrations. Les bonnes nouvelles par ceux qui croient toujours. L'entêtement de ceux qui ne sont jamais repus d'exprimer les choses qu'ils ont en eux et qui pensent que tu dois éprouver forcément les mêmes. Ceux qui ont filé avec toi tout entier dans leurs poches. Le lourd saignement de celui que tu  tiens encore au bout de ton couteau, quand dans la nuit un chat est un traître au long manteau. Le vague à l'âme et son train de mystères, les nuits à nous couper le souffle. La passion qui enfle. L'enveloppe des muscles dans les plis des draps de piété. Le clapotis du va-et-vient de la pluie entre les corps.

Je te vois t'envoyer des grands coups de poing dans le visage. Tu es fou c'est ça ? C'est cela un fou. Les fous sont-ils ces êtres perdus qui courent après plus rien. Tu es malheureux mais tu ne le dis pas, tu te mutiles pour montrer et suggérer aux égoïstes: Vous êtes des impuissants aux joues de boeuf. Je te parle, tu laisses ta valise sur le trottoir et tu me dis: C'est à toi ! ouvre et quand je relève le couvercle, à l'intérieur sur la flaque de sang, une pluie de dents comme les miennes.

A qui tu vas dire que le temps presse plus que les aiguilles. S'infiltre la bande son des anciennes abysses de l'amitié dans ce tympan neuf livré sans service après-vente. Nous aimer dans le vent de l'hiver, là le long de la voie ferrée entre le gaz de Bordeaux et ses chatoyantes illuminations donnant à cette étoile l'air des artères des métropoles de l'Est, quand il était bon ton de s'en moquer et le satellite tombé du ciel des vanités; parking en forme de stade dans lequel veillent sur trois automobiles abandonnées au lieu de mille, les vampires de l'hallucinante agonie du système capitaliste.   

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dimanche 18 janvier 2009

Sous La Tente: Hubert Lucot

lucot_sous_la_tente

Christophe Massé

présente

Hubert Lucot

Les enveloppes de Monsieur Lucot au ChristM

&

Présentation de Crin (inédit), Pierre Mainard éditeur

Sous La Tente
le mercredi 28 janvier 2009

de 11h à 21h

28 rue Bouquière

33000 Bordeaux (France)

Je suis (ChristM) fan inconditionnel de Monsieur Lucot.

A sa parution en 1984, j’ai lu Langst (POL). J’ai conservé le livre au chaud. Aprés avoir lu, Hubert Lucot j’ai utilisé le Je (Autant dire tout).

Je n’ai plus rien lu de Hubert Lucot jusqu’en 2000. (Je me suis rendu compte que les livres venaient à moi et pas l’inverse).   

Un jour, j’ai osé écrire à Monsieur Lucot.

Pour débuter et inaugurer Délirien la collection dont je m’occupe chez Pierre Mainard, j’ai proposé à Hubert Lucot de publier un journal ; s'il en avait un. A ma grande joie & surprise, il m’a offert Crin inédit (1959/1961).

Que nous sommes quelques-uns (avec l’auteur) à considérer comme l’ouvrage des fondations.

Parution de Crin chez Pierre Mainard, éditeur en 2004.   

En 2006, Alain Chanéac m'écrit pour me demander de participer au numéro de la revue littéraire Faire-Part consacré à Hubert Lucot.

Je donne corps à un texte écrit autour de la correspondance que nous entretenons Hubert Lucot et moi (monsieur lucot et le christM) depuis notre rencontre. Dire aussi ce que m'inspire cette oeuvre.

Hubert Lucot me propose de venir lui rendre une visite à Soulac-sur-Mer. Tête à tête. Il m’invite au restaurant dans la forêt. Nous marchons en bordure de l’océan, puis allons prendre un café à Port-Médoc puis une promenade jusqu’à l’embouchure de la Gironde, au bout de la jetée à la pointe de Grave. Il me raconte des histoires, souvenirs, anecdotes. Je trouve l’homme disponible, délicat, charmant et caustique. Avant de partir, j’extirpe de ma poche mon Langst. Il me le dédicace. C’est une des belles journées de ma vie.

Opérateur le néant (POL) est un des plus impressionnants livres que j’ai pu lire.

2007, Hubert Lucot a répondu favorablement à l’invitation de Pierre Mainard, pour une lecture, et la présentation de Crin dans une librairie parisienne.

J’ai vu là pour la seconde fois, un homme profondément simple et humain; au service de ses idées. Il est venu lire ce soir là une composition personnelle inédite. Je le vois encore s'éloigner sur le trottoir dans la nuit. Léger, silhouette massive.

Janvier 2009, Hubert Lucot accepte l'invitation Sous La Tente et le petit concept d’exposition que je lui propose. Il m’écrit : Cher ChristM, vous devez vivre la vie la plus saine qui soit. Le vieil ami. HL.

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vendredi 16 janvier 2009

Sous La Tente: André Valensi (Remerciements)

Sous_La_Tente Sous La Tente c'est ici ! (photographie Patrick Varetz dr 2009)

à la mémoire de André Valensi

Ce qui m'enchante dans ce moment d'une journée réservée à présenter le travail d'un artiste (loin du tohu-bohu mercantile de la solderie ambiante; qu'elle soit de pure consommation ou culturelle) c'est l'instant ou la pupille dilatée, quelqu'un pourra me dire comme hier: C'est une rencontre, un rendez-vous. Aimer ce moment durant lequel l'on retrouve dans cet espace le temps; un temps pour pénétrer une oeuvre et l'admettre dans son contexte de présentation, tout en garantissant pour elle, un autre temps pour en parler ailleurs, et la conserver en soi. Une partie, alors du chemin que j'arpente pour ma passion de l'art se matérialise à cet instant.

Trente ans après leur réalisation et dans ce lieu atypique, les trois oeuvres de André Valensi tiennent le coup admirablement. J'ai tout au long de cette journée ressentie cette sérénité qui n'a pas échappé aux quelques visiteurs déterminés à faire cette rencontre. 

Merci aux visiteurs; ceux à l'ouverture pour voir si je suis à l'heure, les incontournables avec la pizza au bout de leur bras sur le coup de midi, ceux qui bravent le froid dans l'atelier malgré leurs doigts frigorifiés, qui profitent de leur pose pour traverser la ville et ceux qui viennent avec un ami, quelqu'un d'autre, pour découvrir et faire passer; merci à ceux aussi loin de Bordeaux qui m'ont envoyé un e-mail pour témoigner qu'ils appréciaient André Valensi et son oeuvre; merci à Anne Maisonneuve pour l'annonce dans Sud-Ouest, à Angie Leoudeur et Dominique Estranosa, à ceux enfin qui font le relais sur Internet.. Sous La Tente vous donne rendez-vous le 28 Janvier.. le temps presse

 

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mardi 13 janvier 2009

Aurélie Diard: Un journal (13)

039 "à l'abandon" snagov (aurélie diard 2009 dr)

Les limites.

Mes limites, où sont-elles ?

Je me suis posée la question avant de prendre cette décision. Retour pour deux semaines en France. Pays natal.

Prendre le même métro tous les jours et à la même heure. Voir tout le temps les mêmes personnes. Le « train-train ». Mais croiser ces « sniffers de colle » au coin de ma rue, les reconnaître (car ce sont toujours les mêmes) et puis rentrer chez moi. Là, mes limites.

Parce que ça m’angoisse. Parce que les gamins des rues ne représentent plus rien pour certains. Comme les chiens de Bucarest.

Les gens sont lassés, les gens sont épuisés. A quand un peu de repos ?

Etre roumain, c’est être fort d’esprit. Accepter les mauvaises images, les salles odeurs et de vivre avec trop peu. Accepter de survivre.

Je n’ai pas le même sang. Et aujourd’hui, ça se ressent. Incapable de dépasser mes limites. Je suis face à elles maintenant. Le temps de revenir.

Ma tête veut être ailleurs : chez moi.

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mercredi 7 janvier 2009

Quelle guerre ?

fer_3 o.reynolds (col part bordeaux dr 2008)

à Martial Bécheau, pour un sept janvier.

d'après et en écoutant "war" pièce pour Roland D-20 de Martial Bécheau (2008)

Les sons entendus sous l'eau ressemblent à ceux des wagons des trains de marchandises et la sensation du chlore dans les yeux ouverts, immergés dans le liquide onctueux d'une piscine municipale; un choc comme une lenteur préméditée qui va du chaud au froid. Un climat qui s'installe sans prévenir. Une crise; du fou rire aux larmes. La guerre a parfois cette teneur lointaine qui fixe à la radio, les paroles des commentateurs apprises par coeur comme sur une pellicule de paraffine, et nous éloigne encore plus de la réalité. Pleurer sa dinde n'est pas du jeu. Dans le tramway, retenir dans sa bouche le vomi de son trop plein de gastro entérite pour aller le gerber deux interminables minutes plus tard entre des automobiles stationnées est un acte d'héroïsme de nos jours, certes appréciable, mais disproportionné vis à vis des malheurs de la Terre. Il passe des obus dans ce lent ciel électro. Ils déchirent la ouate et me font penser au parcours des fantômes dans les structures métalliques et labyrinthiques de Richard Serra au Bilbao Guggenheim muséo. Je cours derrière ces sons, les empoigne vers la sortie, pour dire que rien dans cette guerre des intervalles et des interstices n'est finalement très loin des vraies guerres actuelles.. Quelque chose pour synthétiseur, désarmant de limpidité, d'acousticité.. comme certains sons bégayés qui deviennent audibles au quand dira t-on. La guerre ! Quelle guerre ?   

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lundi 5 janvier 2009

Sous La Tente: André Valensi

valensi

Christophe Massé

présente

André Valensi

trois oeuvres

Sous La Tente
le jeudi 15 janvier 2009

de 11h à 19h

28 rue Bouquière 33000 Bordeaux

André Valensi: (Trois peintures)

Cette présentation de trois œuvres de André Valensi (1947-1999) Sous La Tente débute un cycle. Montrer de temps à autre, le travail d’artistes reconnus et accueillir ainsi une partie d’une collection, un fragment, une exposition en cours, une œuvre inédite, un projet particulier, tout en conservant le principe de ponctualité, mettant en avant l’originalité du travail des années mille neuf cent soixante à nos jours. Un cycle pour rendre aussi hommage à une personne que j’ai connue, et cela indépendamment de l’intérêt ressenti pour sa création.

André Valensi est un artiste dont l’œuvre à l’heure actuelle, pour un nombre de raisons que j’ignore, me semble dispersée. Il va s’agir donc pour cette manifestation d’une journée, d’un éclairage posthume et modeste, à travers trois pièces réalisées dans les années 1970, qui m’appartiennent et que je conserve. Présenter trois travaux caractéristiques de l’œuvre, trois facettes pour un regard particulier sur un être, comme sur une période marquante de l’art français des années 1970.

André Valensi était le plus jeune du groupe Support-Surface et un des théoriciens du groupe. Il a travaillé sur papier, avec des filets et des cordages, sur des toiles toujours libres et a souvent confronté ses travaux à la nature. Enseignant à l’école des Beaux-arts à Perpignan durant les années 1970, il a par sa forte personnalité, marqué un bon nombre d’étudiants. Si j’ai entretenu une relation parfois tendue avec lui (je me souviens l’avoir canardé du haut de mon échafaudage avec tout ce que j’avais pu trouver, plus toutes les munitions de mon pistolet agrafeur, un jour où il était venu remettre en question mes boulots dans mon coin d’atelier du département Art), il n’en demeure pas moins, qu’elle fût toujours empreinte du sentiment d’intelligence qui émanait de l’homme. André Valensi fût un proche de mon père ; adolescent je l’apercevais souvent à la maison puis plus tard donc ; à l’époque où j’ai suivi ses cours.

Par la suite, il m’a emmené écouter mes premiers concerts (Areski, Fontaine, puis Mama Bea et Little Bob). Notre rencontre s’est faite autour de la peinture et de la cuisine de la peinture, il aimait quand je peignais avec des essuie-glace de camion et m’a fait partager ses petites recettes, comme l’utilisation des mordants molaires et d’autres petits secrets d’atelier. Une des toutes premières expositions de la fondation du Château de Jau à Cases de Pène dans les Pyrénées-Orientales lui fût réservée. Je me souviens de l’accrochage des travaux que nous fîmes un jour et une nuit à trois ; Marie-Hélène Rodriguez, André et moi. André était espiègle, il adorait déconner. Et ce soir là nous nous étions beaucoup amusés et j’avais pas mal appris aussi. Ces œuvres sur papier étaient immenses, il était fier du nombre incalculable de passages et du nombre de boites de pastels qu’il avait pu utiliser pour réaliser chacun des cercles, parfois sans centre marqué ou simplement symbolisé par un trou saturé de traces de crayon. Il était heureux de trouver les empreintes de ses baskets sur une immense composition, comme une entorse à son propre règlement. Nous nous étions en pleine nuit trouvés dans les cuisines de Jau, dévorant du gruyère trempé dans de la moutarde.

Je l’ai vu pour la dernière fois au fort de Salses lors d’une des manifestations du come-back de Support-Surface, quelques temps avant que je ne quitte Perpignan définitivement en 1994. Nous avions bu un verre dans la cour du Château, il avait son beau sourire tendre et carnassier à la fois, les cheveux tirés en arrière. Il n’allait pas tarder à partir en Afrique où il est décédé en 1999.

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samedi 3 janvier 2009

Aurélie Diard: Un journal (12)

By_20night__20le_206_20D_C3_A9cembre_202008 aurélie diard, bucarest, décembre 2008 (dr) 

Les lumières.

De cette ville trop grande. 16h30 et le monde change de visage. Partout, je ne vois que des lumières.

Une pose de 5 minutes entre deux cours magistraux en roumain. Mal à la tête. Je jongle entre cette langue et d’autres. Pour me faire comprendre. Pour comprendre quelque chose. Donner un sens à ma présence. La salle est glaciale. Pourtant tout le monde sourit. Je regarde à la fenêtre. Les lumières.

Une guirlande multicolore est suspendue au « Rocco ». Point de ravitaillement des étudiants. L’impression d’être ivre. Mes yeux se voilent. Des vertiges. Et ces lumières qui me fixent depuis deux heures. Et encore deux heures à tenir. Elles se balancent encore. J’aime leurs couleurs : envie de fête. De partir de là et de danser une nuit. Sans fin. Ça me rend folle. Etre enfermée. Il fait nuit.

Les lumières ont pris place sur le devant de la scène bucarestoise.

Je veux crier, claquer le sol avec mes talons. Manquer d’air et détester les lumières. Parce qu’à 5h du matin, mes yeux sont flous. Mais je peux quand même voir que ces lumières laissent place aux hommes. Ils remplissent déjà le métro. Il est 5h30. Regarder les lumières et partir travailler. Rouler. Une heure.

Je m’arrête à la troisième station. J’allume la lumière pour trouver mon lit. Je ne la regarde plus. Je l’éteinds pour trouver mon sommeil

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