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Christophe Massé: chroniques et informations.

samedi 21 octobre 2017

Octo expose Sous La Tente Bordeaux (première exposition personnelle)

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Sous La Tente

présente

Octo

friches

le samedi 28 octobre 2017

de 11 à 21h

28 rue Bouquière 33000 Bordeaux

Mélanges & signes extérieurs de finesse : Octo en friches.

Depuis toujours, il en faudrait plus pour que la peau des héros subisse les outrages du temps présent. La peau de l’artiste est une herbe des plaines balayée par le grand vent. Depuis toujours il faudrait rester couché ou se mettre à défricher sans relâche. Le héros sous les flèches s’agenouille, se relève et réapparait. L’artiste n’a pas d’armure, une carapace poreuse et des doutes pour certain(e)s, des doutes qui ne feront que s’accentuer au fil des jours, au fil d’une pratique qu’il souhaitera plus exigeante. Cependant c’est la truffe en l’air, qu’il va faire ce qu’il doit pour affronter son destin. Parfois il en réchappe ; le reste du temps, il en meurt (plus vite) mais exactement comme la plupart des mortels.

Humble est le mot le plus adéquat pour définir une entrée en peinture, une entrée dans ce monde de l’Art, quand ; sans enfoncer les portes, un jeune artiste trouve un instant une place pour lui, entre un univers installé et le regard de l’autre.

Octo ! Nous allons à sa demande l’appeler Octo ; peut-être pour toujours où juste pour un jour. Octo va se propulser dans cette nouvelle galaxie. Le merveilleux d’un début est là, tapi dans la clairière aux meilleures heures du jour, à cet instant, on ne peut jamais savoir quand cela s’arrêtera.

Je cours toujours sur la queue de l’hippocampe, je cherche encore ce qui sur ma rétine va me procurer un temps intact de sensation et puis je gratte encore ; un train peut en cacher un autre et notre ticket n’est pas toujours valable, au-delà de cette limite, celle que nous franchirons ou pas. D’emblée dans cette rencontre, il y avait en filigrane toute l’histoire de l’Art, toutes les façons et les manières de s’exprimer, toute la friche qui révèle les envies et les besoins, les lassitudes ; parfois l’accablement. Il y avait toute l’histoire de cet Art que l’on ne connait pas, toutes les techniques qui nous paraissent insurmontables, tout le désarroi du gardien de but qui va chercher le cuir au fond des bois, du barbouilleur devant la page blanche, du noctambule devant son mur sur lequel toute la rage emmagasinée, devrait s’extraire.

Octo prend souvent le train, il dessine sur son ticket, puis il a commencé un jour à le peindre. Il a tenté d’épuiser son support, il est en train d’y arriver. La jungle urbaine devant lui ; le flot des gens qui vont et viennent, des chiffres & des lettres, des codes, des enluminures et des décalcomanies, de la figuration narrative à celle libre, du post-modernisme à l’ultra-fougue, de la soif de recadrer, de miniaturiser l’espace galactique, de sortir du bureau, d’empiler les meubles devant la porte et de filer faire le tour du Monde. Aller-retour Bordeaux-Bordeaux.

Il accompagne cette pratique de signes de finesse et pour en découdre la série s’impose. Ramener au centre chaque fois, un support que l’on use, qui se stratifie, que l’on apprivoise jusqu’à la corde. Architectures, perspectives, slogans, superpositions, strates ; il opère des regroupements, des assemblages, des combinaisons, des orientations, des collages. Le langage s’intensifie, se complexifie, propose des ouvertures vers d’autres pistes pour d’autres codes de lecture. Un travail innocent et automatique qui au fil de sa découverte apparait subliminal et sibyllin, se révèle, à la source des encres et des liants, du matériel habituel et stupéfiant, comme aux astuces élémentaires.  

En quelques mois je me suis attaché à ce jeune-homme, parcourant avec lui les méandres de mon souvenir d’enfance de peintre, gagnant sur son histoire aussi, pour trouver ce qui dans ma propre génèse pouvait l’accompagner dans ce temps d’exposition d’un jour. Le mieux possible pour le plus de regards bienveillants, pour comprendre ses aspirations et ce besoin viscéral de peindre. Aujourd’hui la symbolique des instants est une parenthèse que je n’ouvre plus ; rencontrer, partager et vivre fût la quête des années Sous La Tente qui s’achèvent. Quand certain(e)s embrassent les carrières de guerriers, de tueurs, pour des causes flageolantes ; l’Art apparait certainement et le restera, comme le fer de lance des utopies, des rêves et de la Passion. Aussi nous nous souviendrons autant, aux prémices d’ères nouvelles, de celui qui dessinait et peignait ; que ce soit pour les rois avec de l’or que modestement sur les sésames et billets de trains, vulgaires morceaux de cartons qui nous accompagnent vers l’ailleurs parfois pour aller travailler, parfois pour rejoindre l’être aimé et qui s’inscrivent dans l’histoire d’un temps comme éphémère et essentiel. Christophe Massé, Bordeaux le 21-10-2017.

Octo exposera Sous La Tente « Friches » peintures (première exposition personnelle) le samedi 28 octobre 2017 de 11h à 21h 28 rue Bouquière à Bordeaux (France).

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