samedi 11 mai 2013
Christophe Massé pour Gutai une exposition au San Francisco Art Institute, Walter and MCBean galleries
Une immense joie d'avoir participé au San Francisco Art Institut Walter and MCBean Galleries, sous la houlette de John Held, Jr ; curator, à l'exposition "Gutai" consacrée à l'un des mouvements artistiques les plus novateurs du XX siècle.
Une tête pour Shözö Shimamoto.
Merci pour le catalogue de l'exposition reçu hier.
Gutai "experimental exhibition of modern art to challenge the mid-winter burning sun: GUTAI: historical survey and contemporary response". Fébruary/March 2013 San Francisco Art Institute Walter and MCBean Galleries
lundi 29 avril 2013
Une exposition: Livres et Carnets d'artistes à Lormont (Gironde)
Je suis heureux de revenir à Lormont pour présenter quelques carnets et livres d'artistes, certains réalisés avec des ami(e)s: Aragon, Bournel, Bécheau, Boyer, Cabrefigue, Clarke, Clerbout, Dupuy, Estève, Ferrié-Otani, Gestin, Geissler, Hernandez, Lucot, Mauve, Modénato, Puech, Riedeberger, Varetz, Zubeil ) d'autres personnels, et parmi ceux d'une cinquantaine d'artistes conviés pour cette exposition par François Robert et l'équipe du Pôle culturel du Bois Fleuri.
Vernissage 14 mai 2013 à 18heures. Exposition du 7 au 25 mai 2013..
Marlaine Bournel Sous La Tente: (remerciements)
Marlaine Bournel a débuté le cycle des artistes qui exposeront personnellement pour la troisième fois leur travail Sous La Tente. Je la remercie pour son investissement dans le projet et son bel accrochage plein de force et de délicatesse. Un grand merci aux ami(e)s, visiteurs de ce dimanche, nouveaux, curieux qui ont encore une fois toutes et tous donné du leur en participant cette journée à l'échange. Parler du travail, rencontrer l'artiste, découvrir le lieu.. Je remercie les collectionneurs.
lundi 15 avril 2013
Marlaine Bournel Sous La Tente Bordeaux France
Faire, défaire, refaire, faire. Coudre, découdre, recoudre, coudre.
Marlaine Bournel : Sur son métier de vivre et d’abandon
« Le sujet de l’histoire ne peut être que le vivant se produisant lui-même, devenant maître et possesseur de son monde qui est l’histoire, et existant comme conscience de son jeu ». Guy Debord
Découvrir…
… à notre époque, pourquoi ne pas tenter une mise en abîme de l’idée la plus subversive qui soit ?...
La matière peut et doit pénétrer dans un champ tout neuf, et hors de « sa matérialité », pour formuler des explications qui définiront dans son intégralité l’espace du temps, afin de proposer une possibilité authentique de vivre une fois, la liberté.La matière comme point d’origine, qui traîne à l’horizon son alvéole d’oubli et dont les intenses synthèses poétiques seront l’objet d’une curiosité, allant du parcours brut du fil vers l’aiguille, à celui raffiné de la pointe du feutre, du stylo sur des papiers de pacotille, comme vers celui, probablement, d’un son capturé et d’une image qui diront un jour tout à la fois, tout pareillement, tout exactement.En nous soufflant dans l’oreille : « J’ai travaillé comme ça toute ma vie, je suis libre ».
Préoccupée depuis toujours, - la fin des années 80’, par le devenir du linge, Marlaine Bournel développe une recherche, tout en patience, comme en retrait ; composée d’actes et de questionnements d’une délicate pertinence. Une démarche existentielle, volontaire, germinative qui sert à l’élaboration d’un travail à la fois poétique et plastique où se rencontrent et se mêlent un nombre d’histoires nées de la récupération, de la collecte, du ramassage de textiles en tous genres.
Le textile est son cœur, sous toutes ses formes : chiffons, tissus, chutes, coupons, vêtements, témoignent d’une histoire. Le textile l’observe faire, supporte le pouvoir et la détermination à sa transformation. Comme s’il était matière vivante, il donne son avis. Qu’il soit issu de la famille ou de sa légende, venu de malles aux trésors où des poubelles de l’exil, il renferme toujours, enfoui parfois au plus profond, dans la texture de ses origines, dans la compacité de son poids, au cœur de sa fragrance, dans les bourrelets de son odeur, immergés dans ses larges aplats de couleurs, prisonniers dans ses formes souples ou rugueuses, les stigmates d’un vécu, d’une usure, d’un oubli, du rejet.
De sa confection à son utilisation, il témoigne d’une vie d’histoires diverses dont presque rien ne transparaît, et que les atomes créés par Marlaine Bournel, révéleront pièce par pièce, à bout, à force. Des mains qui tannent à celles qui débrouillent, il vient de la manipulation, ses vies n’ont pas d’âge, découpé pour muer, cousu, décousu, recousu, il ignore sa renaissance, se laisse palper pour demeurer intact dans son temps.
Ainsi façonné dans l’imaginaire de l’artiste qui élabore le plan d’une construction plastique inédite, associé, à d’autres vecteurs poétiques, sociaux, économiques, le textile utilisé occupe sa place, jamais définitive, toujours dans l’idée possible, qu’il soit probable qu’il aille vivre ailleurs à un moment donné, sans manquer à personne. Une élaboration lente et répétitive, un procédé en mutation qui n’est jamais un processus et dont la complexe synchronisation née d’une conviction à faire au quotidien, conduit l’artiste dans sa persévérance à progresser sur le terrain, tel l’escargot va vers on ne sait jamais où. Un terrain que Marlaine Bournel ne veut absolument pas négliger et visite comme un journal intime, en couchant les observations de son métier de vivre, sur des agendas et des carnets, en palimpseste à force.
Si l’artiste parle avec le textile, elle occupe régulièrement le terrain. Nous ne l’enfermerons donc pas dans un rôle, une occupation, sur une trajectoire précise. Bien loin de se conditionner, de s’étiqueter, de se pendre au cintre, son œuvre traverse le placenta créatif et pointe du doigt l’importance de la femme, pour la confondre à la genèse de l’œuvre en cours. La Femme, les Femmes et pas forcément leur sort. Marlaine ne parle pas à leur place, ni en leur nom, n’enfonce aucun clou. Elle saute sur l’occasion de situer, de recentrer propos et démarches, de bousculer les mauvaises habitudes prises depuis la nuit des temps et de faire contre la neutralité ou l’indifférence, une démonstration plus subtile, composée et alimentée d’explications fermes, parfois même pédagogiques, et plus qu’un engagement caricatural. Elle n’exerce ni pouvoir, ni responsabilités. Elle inclut dans son cheminement la femme qu’elle est et les autres, comme elle peut le faire avec un public et exerce ainsi son influence, en participant à l’élaboration de modules satellites ou tiroirs enchevêtrés, sur une multitude de pistes et de points de vue qui viennent enrichir les fondations de l’œuvre, à destination poétique, plus que militante. Boutures, liens, alimentations, cordons, paroles qui rejaillissent un peu plus loin, toujours en traversant la terre, comme cette menthe ou ce bambou qui procurent la surprise, l’étonnement et le plaisir.
Ainsi avons-nous pu observer son travail dans la rue à une période de sa vie où elle accrochait ses réalisations dans l’espace public, puis plus tard la suivre en gestionnaire d’une démarche participative, accompagnée de personnes lointaines, éloignées du monde de l’art, métamorphosées en véritables actrices et acteurs, dans lequel ils/elles se trouvaient en fusion dans l’espace privé ; encore plus tard vu proposer des actions au bénéfice du public qui jouait avec les œuvres, les pénétrant, se les accaparant et accédant ainsi au centre du monde de l’artiste, dans la machine pulmonaire : cortex, manches, têtes, personnages mutants, hybrides, serpent des mythologies à plusieurs pattes et antennes, puis encore plus loin avec des laborantins, des secrétaires, une administration, pour répondre à une demande, un besoin, une obligation, pour des opérations d’adoption de chaussettes orphelines, ou vers un questionnement des mécanismes tendus, oscillant de l’appartenance des publics et de leurs relations aux œuvres vivantes à la prise de conscience d’un espace alternatif à occuper un temps, ponctuel, envers et avec tous : participation, vide, absence, engagement, abandon, jusqu’au cheminement du faire et de sa force, en collaboration aussi avec d’autres artistes, comme par exemple Sarah Connay pour le Port Du Casque N’est Pas Obligatoire. Présence discrète et poreuse, toujours poreuse, captivée par l’assemblage et la mise en forme des formes : déformées, déstructurées, réalimentées, reconditionnées, retraitées, subissant les chocs des envies, le poids des modifications, comme l’alternance des possibles et la quête d’un moment fixe, pour s’arrêter, calmer sa frénésie à ouvrir des pistes, et dans un temps, toujours axé vers une idée, une fraction de seconde, comme la préciosité interdite, infiniment brève du big bang, dirigée pour la construction d’une galaxie, d’un univers… d’observer où en est-elle… où suis-je ? Avant de repartir en quête… faire, défaire…
L’entreprise d’entreprendre dans ce travail s’avère complexe. Marlaine Bournel n’est pas de celles qui entreprennent tout de suite, à la va vite, pour réagir, et être dans cette société toujours plongée dans l’idée fausse que l’art ne peut sauver la vie de personne excepté la sienne. Aujourd’hui si nous nous jetons à l’eau, dans l’huile bouillante, c’est pour exprimer la conviction qu’un projet artistique lié aux vêtements n’est pas la succursale d’une boutique de confection pour produire du faux sens avec de vrais matériaux. Nous savons l’Artiste, contemporain malmené, dans sa quête du dépassement du cadre de sa survie, et contraint de faire encore un effort considérable pour de la poésie ne faire qu’un, et exister sans être l’unique représentant de son commerce. Artiste, Marlaine Bournel porte sur elle une part du fardeau et invite aux multiples questionnements du faire, du défaire, du refaire. Coudre, découdre, en découdre. Quand au véritable sens d’une démarche qui va courir et couvrir d’un terrain à l’autre, toutes les étapes d’une aventure avec la matière, en prétextant son appartenance à un monde toujours plus vaste, toujours plus compliqué et dans lequel la force de son art doit chercher chaque jour un nouveau refuge. Elle nous pousse à sentir le rhizome sous nos pieds affleurer, à nous situer et réfléchir aux enjeux proposés (les sous-entendus, sous-jacents, sous terrains ; les implicites comme autres propositions de stabilités ; les éclairages, les pistes ouvertes). Rien n’est facile, rien n’est mâché, rien n’est décoratif, ou simplement plastique. Mais rien n’est un tout vaste. Il faut cheminer d’un bout à l’autre de sa randonnée pour saisir ses aspirations et personne ou presque personne aujourd’hui n’a le temps à accorder à cette démarche. Alors Marlaine Bournel pousse, s’enchaîne, s’entête. Elle expliquera à qui va vouloir entendre. Elle donnera, passera et écoutera. Son œuvre est certainement ici, toute entière.
Récupérer c’est garder, laver, plier, ranger. Entasser, observer, classer, décoder, réajuster, rassembler. Commencer à penser au lien, au lieu, à l’espace du maintien dans l’espace. Du lien à l’observation il n’y a qu’un pas.
Rassembler c’est d’une part regrouper des affaires et de l’autre ordonner des familles de sens. Dans son incongruité, la méthodologie artistique n’est sans doute pas en rapport avec celle politique ou sociale et ses leurres, mais certaines de ses appartenances et points d’ancrage se fixent dans les registres des visites communes. Le travail s’organise en pièces détachées sur la chaîne de montage, l’assemblage se structure comme si nous déménagions depuis si longtemps.
Récupérer c’est avoir des idées propres à cette dernière action. Il n’y a pas d’écologie, de sous-traitance.
Il y a toujours une explication. Le besoin de soins en est une. La peur du bonheur, sans doute, une autre. Un travail apparaît au plus près des élans comme il est le résultat parfait proposé par une machine, un outil. Des mains tendues vers la confection. Les hommes fabriquèrent des robots et des organisateurs, du temps qui va avec pour les gérer. Dans la couture et son renoncement, dans la remise en question de la forme pour la sobriété d’une autre texture, Marlaine Bournel nous aide et nous entraîne à nous enfoncer dans notre légitime besoin de contradiction et suivre la peur des espérances, en observateur d’un travail qui dirait : c’est comme ça et seulement parce que c’est autrement. Aujourd’hui, elle tente de tenir le coup dans la modulation des fluctuations de son entreprise et propose audacieusement de circuler entre l’idée que nous pouvons avoir d’une pièce d’avant-garde, l’autre regard que la forme et l’assemblage va autoriser et la part en nous d’anticipation qui pourrait nous faire imaginer ce travail de cette façon ou d’une toute autre forme. Le temps du work in progress est révolu et pourtant dans l’esprit de sa surcharge, de l’édification des strates qui permettent au bonheur de s’enfouir dans les recoins les plus intimes des multiples faces d’un tissu, comme dans celles d’une semaine entière à vivre, nous retrouverons avec malice le jeu des propositions rythmées auxquelles nous sommes conviés, pour un bien rarissime évènement.
Le travail, dans certaines périodes, même s’il peut s’avérer que ce ne soit pas un acte fondamental à traduire, doit se livrer, en pâture aux regards, aux questions, aux attentes. Le public est à ce moment là, parfois prêt, pour le recevoir et donner. Rythmer ce temps dans la colonie artistique et ses décadences est une affaire choisie. Un précieux bonheur. L’arrêt un instant sur des œuvres enlacées qui permettent la concordance et l’entérinement des options commencées dans les années 90’, choisi comme un état des lieux, de longue haleine, sans étapes, ni haltes, procure le sentiment d’exercer un poids dans notre ère troublée, là où le regard peut fuir, zapper, oublier.
Avec le vent et la marée pour la force de l’art et bien évidemment… dans la société du spectacle.
Christophe Massé, Bordeaux le 11 avril 2013
Pour sa troisième exposition personnelle Sous La Tente à Bordeaux, Marlaine Bournel recevra le public le 28 avril 2013 de 11h à 21h au 28 rue Bouquière.
samedi 6 avril 2013
Marlaine Bournel expose Sous La Tente Bordeaux France
Christophe Massé
présente
Marlaine Bournel
le dimanche 28 avril 2013
de 11h à 21h
entrée libre
Sous La Tente: 28 rue Bouquière 33000 Bordeaux (France)
à propos de Course à pied et de Résidence
Télégrammes: Marathon, Résidence, Chessex, Livres d'artistes, Sous La Tente, Projets.
Marathon: Depuis un an et demi je ne pouvais plus courir. Impossible d’enclencher la marche avant. J'ai observé ce phénomène d'ankylose gagner une grande partie du bas du corps. Au bout d'un moment les ami(e)s sont devenu(e)s des balises avec des grands yeux étonnés, puis ils n'ont plus bronché. Et je n'ai presque plus rien expliqué. J'ai clopiné. J'avais mal du matin au soir. Frédéric m'a orienté quelque part pour trouver une solution. Christophe m'a retourné la calotte. Pascale a diagnostiqué ailleurs d'autres complications. Je me suis rendormi sur une histoire des années du début des 90'. L'idée de se sortir d'une certaine façon de l'emprise d'un mal. J'ai arrêté la peinture pour trouver un autre temps dans la semaine. Le temps passé à l'atelier avec Charles m'a donné une autre énergie. J'ai côtoyé pas mal de cons aussi, ailleurs. Il y a de ça quinze jours dans ce mois de mars qui est le mien depuis mon enfance, en me levant et pour la première fois j'ai eu l'impression qu'un "truc" étrange venait de me quitter. Résilience entamée. Je suis aller chercher mon maillot ringard de la seleçäo et un short qui avait moisi dans sa boîte, enfilé les officielles.. un pas devant l'autre, en petite foulée. Je n'ai plus mal. Mais ce n'est pas Lourdes, j'en suis certain.
Résidence: (en vrac) Hier au soir, je suis allé à l'invitation de Guy Lenoir Migrations Culturelles suivre une table ronde bien ronde autour de la résidence d'artistes. Cette idée de rési me gonfle bien le mou depuis longtemps. Je ne peux pas dire que j'y suis allé en courant mais en scooter sous la pluie. Ce serait envisageable en faisant un effort de proposer des résidences dans le temps à des artistes qui pourraient venir de pays lointains me suis je pensé sur la route. Nous avons le lieu (Sous La Tente) dans lequel un artiste peut demeurer plusieurs jours pour construire son projet. J'ai l’énergie pour m'en occuper. Je peux faire des propositions. Financièrement je pense qu'une aide particulière d'un mécène privé pourra permettre de réaliser une ou deux fois l'an cette entrée. Mais bon ! Résider c'est clopiner. je préfère les rencontres comme à Cologne. Bonjour ! Arbeit. Point barre. A bientôt chez moi.
La discussion était curieuse.. un type (je n'ai pas enregistré son nom) qui était modérateur a foutu le camp subitement. Bertrand est resté au franc français alors que nous sommes au sel. Chacun a raconté sa petite histoire. J'aime celle de Espace Vingt-Neuf pour la raison, de sa survie qui accompagne des artistes nombreux et talentueux au jour le jour. Certain(e)s sont venus travailler et exposer (William Acin, Lucie Bayens ) Sous La Tente.
Marta Jonville était présente. Son point de vue était intéressant. Elle est impliquée, elle me paraît intelligente ce qui montre pour moi encore plus les limites du travail avec "l'ennemi" (comme il a été aisé de le dénommer dés le début de la table ronde). Pour moi les limites se trouvent au point d'intersection entre l'envie et le résultat. J'aime voir des œuvres et pas l'idée de leur genèse. C'est toujours dificille de créer. Peut être est-ce pour cela que je me cantonne dans une production "d'évènements" que Guy définit comme très confidentielle. Je pense, et là je ne parle plus de Marta, que les artistes ici à Bordeaux sont dans le besoin de faire des choses vite, et le mieux possible. Ils mollissent sinon. La ponctualité comme la porosité sont des beaux paramètres. Il faut les aider à faire des "choses". Grenouiller avec toutes les machines à filer trois centimes d'euros.. c'est arriver à se constituer son petit salaire, sa petite fonction.. et je n'aime pas ça. Pour moi c'est contraire à la liberté en conditionnelle, celle que j'affectionne. J'aime les galeristes qui résistent au temps, qui s'accrochent, les anars qui vieillissent anars et les chanteurs qui chantent, les écrivains qui publient et les peintres qui exposent. Pas ceux et celle qui se plaignent en profitant quand même de l'argent public pour de piètres résultats, la plupart du temps.. Je suis pour le faire et la légende du faire. Je propose pour faire. Les moyens viennent parfois/souvent ensuite. Rencontrer vraiment et tenter de fidéliser est un challenge délicat. Beaucoup trop d'individus consomment, se servent et vont ailleurs, l'opportunisme est rampant. Le pouvoir doit être ravi de l'avoir comme allié. Combien de gens partagent, encouragent, proposent, permettent, poussent, donnent.. Combien de personnes entretiennent l'idée du passage ? La résidence pourrait être celui-là.. ce moyen. Allez là pour rencontrer et revenir pour inviter. Les moyens sont les mêmes que ceux cherchés pour nos vies quotidiennes. Ce n'est pas possible d'inaugurer avec les élus un pont sur la Garonne et de penser que ces mêmes gens puissent être généreux avec des entreprises artistiques qui ne leur fourniraient pas la preuve de faire bêler le bon peuple. L'art est une surprise caché un temps. Depuis Lascaux. Nous ne pouvons pas toujours nous retrouver autour de table et donner simplement son point de vue. C'est pour cette raison que je ne vais plus nulle-part discuter de ces choses depuis longtemps. C'était une exception.
Chessex: J'ai avalé (Patrick Varetz) Le séjour des morts de Jacques Chessex qui avec Hubert Lucot pour des tas d'autres raisons est un fantastique auteur, qui me porte loin, là où ma souffrance s'explique.
Des expositions autour du Livre d'artistes: Je vais participer avec un choix de 25 livres (des miens en collaboration, en solo, et d'une petite sélection de ceux de quelques ami(e)s à l'exposition Carnets et livres d'artistes organisée par François Robert en mai au Bois fleuri à Lormont (33), avec plein d'autres. Je vais participer en Juin au salon du Livre d'artistes de Bruxelles en invité dans un livre avec Armand Dupuy et Aaron Clarke. Un opus qui va regrouper quelques artistes conviés par Armand. Je vais participer en août au livre d'arbre à Salamanque.
Sous La Tente: Elle a déjà exposé deux fois Sous La Tente et me fait toujours le don de son amitié sans faille. En avril, nous accueillerons Marlaine Bournel pour la troisième fois. Tenez vous prêt(e)s.
NB: Je me souviens d'un jour à l'époque de la quarantaine où je pouvais courir 5km en 20mn, d'avoir proposé une sortie à un jeune homme de quinze années de moins que moi. Ma foulée était légère et régulière, nous montions en puissance et lui il sautait les poubelles, les jardinières de fleurs et tout ce qui se trouvait sur le chemin. Au second kilomètre, il vomissait ses tripes contre un arbre..
Courir c'est tenir le coup. L'art c'est la même chose pour moi. La fin dans sa poche avec un couteau pour toutes les occasions.
dimanche 31 mars 2013
Marc Vappereau Sous La Tente (remerciements)
Un merci particulier à Marc Vappereau pour son investissement dans cette présentation Sous La Tente. Un autre grand merci à Krunoslav Pticar pour son temps apporté dans la gestion du son et de la lumière. Merci aux 107 visiteurs d'une journée magnifique passée dans le noir et le reste. Le temps ne presse plus du tout. Vive l'Art.
installation sonore et lumineuse de Marc Vappereau Sous La Tente le 28 mars 2013 (dr cm 2013)
dimanche 24 mars 2013
Christophe Massé: Marc Vappereau Sous La Tente Bordeaux (France)
Marc Vappereau pendant son installation Sous La Tente 21 mars 2013 (dr cm)
Marc Vappereau : Sur les rives noires des cernes bleues.
« Quand le monde autour de toi aura tant changé. Que toutes ces choses que tu frôlais sans danger, seront toutes si lourdes à bouger…seront toutes des objets étrangers » Gérard Manset
Les humains me font toujours plus d’effet. Même si l’accoutumance et la déception se chevauchent parfois sur une même ligne à l’horizon. Je regagne mon champ de mitrailles de l’autre côté de la tranchée pour larguer quelques projectiles en utopie. J’écoute plus attentivement les paroles des chansons, lis des ouvrages en admirant le travail du traducteur, regarde des images en traversant par la petite porte et me passionne pour la création des autres. La créativité et son branle-bas me fascinent toujours, exactement comme la première fois. Comme le baiser.
Oui ! C’est maintenant, alors que le temps ne presse presque plus du tout, que je m’enrichis encore un peu du sel des rencontres. Le tri se fait progressivement et dans les mailles grossières de mon tamis s’écoule le temps. Quand une poignée de survivants aux regards limpides errent encore ; des sveltes aux allures de chats faméliques, aux yeux javellisés ; des ventrus aux mimiques tendres ; serrant la clope et le verre entre leurs doigts arthritiques, des musclés qui rivent leurs loisirs la quille au vent. Des gros, des grands, des minuscules, sans soucis dans la tête qui écrivent ou peignent et parcourent encore le terrain de l’amitié/rencontre désintéressée, celle que je cerne le mieux, la rapide et sans horizon, incompréhensible, goguenarde. L’ambiguë, la désintéressée, la quasi en dehors de la plaque.
Il y a aussi sur le champ d’émois, ces électrons particuliers, ces particules différentes, ces femmes, ces hommes qui percent un jour la paroi, le regard fixe, la mèche hirsute. En dehors de l’image, une bouteille de grand cru dans la main tendue aux autres. Des figés, scotchés, immobiles. Leurs pieds dessinant sur le sol un angle ouvert comme ces bras offerts à l’accolade. Certainement ! Avec eux il faudra creuser jusqu’à la déroute, quitte à ce que la route mène encore entre spleen et croyance au tombeau des ignorances.
Nous ne sommes pas à l’apogée, encore moins au début, car il ne va rien se passer… et pourtant.
1° L’attente
Marc Vappereau est entré un soir Sous La Tente au tout début de sa création et il y est revenu souvent. Et j’aime tellement sa voisine, l’étoile filante.
C’est un chef d’entreprise, les mains dans son travail. Sa tête a percé le plafond. Le cosmos est une lointaine attirance, l’aimant que l’art puisse être tenté de rejoindre.
Il ne va rien se passer et pourtant.
Marc Vappereau n’est sans doute pas (encore) un artiste ; ni contemporain, ni artiste. Il ne définit pas comme telle sa pratique. Pas de présent, peu de futur. Si j’évoque Tony Cragg ou Louise Nevelson, il me dit que sa route n’a pas traversé la leur, en secouant la tête rapidement comme le font ces poulets fringants, dans ces basses-cours où la liberté est signe de rapide torsion du cou. Il ne me dit pas qu’il regardera le travail, ni même ne va se charger des noms. Il trace. Sa contemporanéité est d’assumer en silence son cahier des charges. De foncer là où l’on trouve le matériel, garer son camion n’importe où et revenir travailler. Arbeit comme dise les allemands que je connais. Le big bang a lieu dans le compartiment étoilé d’une galaxie souterraine, pour une révélation supplémentaire dans les méandres des dernières officines où l’on déjante du pneu au noir. Il a certainement pensé longuement au déroulement de cette idée qu’il apporte aujourd’hui au regard de l’autre. Peut-être quand il vivait à Pompéi, à Tchernobyl.
Nous nous retrouvons dans son œuvre en train, pétrifiés, irradiés. Le cheminement aurait pris cent mille ans de cette attente. Le ronron galactique au dessus de nos têtes, dans l’antichambre des liquidités va prévenir les impatients du jugement premier, pour entériner l’impression que le chuintement et les grésillements liquides et sonores ne nous orientent pas vers la transparence esthétique et les inaugurations consensuelles des vertiges spectaculaires, mais au-delà, entre mysticisme et prononciation. Balbutiement des perspectives qui engendre les tentatives pour la liberté des circulations. Celle de vaquer d’une bouteille à l’autre, des rives noires aux cernes bleues, du découragement et de l’envie mêlées.
2°L’agencement
Un ensemble d’agencements pour péricliter et transmettre aux divers points de vue qui balaieront la surface monochrome et sa constellation de plaisirs quotidiens ; la densité des retrouvailles. Il peine à jouir. Pourquoi avoir eu tellement de temps devant soi pour posséder sa bête et ne s’en être servie exclusivement pour palier et attendre que le désir soit installé dans les antépénultièmes corridors du désenchantement. Peut-être retourner sa veste vers l’art. Pourquoi la matière colorée impacterait-elle le sens de la concupiscence des absolus. Si nous ne maîtrisions pas, ne serait ce qu’un instant dans nos vies ; le plaisir. Celui qui suit sa maîtresse la tête basse comme un chien ; le désir. Pourquoi inlassablement cette affaire de recouvrement ne procurerait-elle pas des petits oui et des petits ah, des souffles courts et des glougloutements indélicats, quand la lune à travers la vitre s’emballe entre les derniers embrasements d’un soleil lointain et nous livre le hululement des jouissances oubliées comme modèle, sur le drap, dans la terre enfouie.
3° La disparition
Il va disparaître en emportant l’orgueil d’une journée et la commisération sera de mise comme nous avions il n’y pas si longtemps encore l’horreur d’être né dans un pays qui décapite.
Institutionnels ! Vous affamez les vrais artistes dit le grincheux.
Marc Vappereau imagine une autre voie qui se dissimule conquérante entre les pages d’un cahier. Héraclès l’emporte et si je ne veux pas disparaître, je vais hisser le monde sur mes épaules et décapsuler ailleurs. Les vaisseaux maudits sont les amis perdus d’un temps. Nous devons nous aimer. Je crois qu’il a raison. Même si je suis « ailleurs ».
J’ai passé ma vie à attendre. Comme un chien, allongé sur un lit défait quand la maîtresse a filé. La forme des os prises dans les plis du drap quand l’être par sa présence encore recroquevillée, aboie à la lune. Son os sec et l’autre de la fosse iliaque se juxtaposant aux îles et aux coups de queue intempestifs. Whiskies, bières, pinards pour finir comme en avant. La marche nous inonde, son pas lourd du poids des mauvais fils aux mauvais pères, des mauvais printemps aux ondes troubles, dans les mauvais bâtiments, cales des cargos en déroutes et des enclaves où toujours les mêmes maudits crachent la peine dans des seaux rangés comme des tombes, avec le gaz de ville pour leur tenir compagnie.
Bordeaux 21 mars 2013 Christophe Massé
Je remercie chaleureusement Marc Vappereau, tout en soulignant avec force sa persévérance et sa générosité. Dans le cadre de cette collaboration il n’a pas hésité à demeurer plusieurs semaines présent en apportant toute la logistique matérielle dans le lieu pour faire de cette exposition d’un jour un évènement particulier de la plus grande qualité. Je remercie chaleureusement celles et ceux qui ont apporté leur soutien à ce projet. Mes compagnes d’Atelier (Marie-Madeleine Lacoste, Marlaine Bournel, Carine Tarin). Et tout particulièrement Krunoslav Pticar pour son aide précieuse dans l’élaboration du son et des éclairages permettant à l’œuvre présentée de prendre toute sa signification.La présentation de cette réalisation in situ aura lieu Sous La Tente au 28 rue Bouquière à Bordeaux (France) le jeudi 28 mars de 11h à 21h. Nous apprécierons votre présence.
vendredi 22 mars 2013
Christophe Massé: Une tête à Buenos-Aires pour El Inicio et Ars&Design
Une tête en Argentine pour Ars&Design et l'exposition "El Inicio" Venezuela 2742 Ciudad de Buenos-Aires (Argentina)
Curator Axel Lazcano.
Reçu le catalogue ce matin. Merci les amigos.
dimanche 17 mars 2013
Facebook/Sous La Tente Bordeaux (France)
votre serviteur sous la tente rue Bouquière (dr solange carlees 2013)







