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Christophe Massé: chroniques et informations.

lundi 24 septembre 2018

Christophe Massé exposition Rendez-vous sur le Pont en Lituanie

Télégramme de l'Ouest à l'Est

- J'ai rencontré Isidore Krapo en 1998 à Bordeaux suite aux conseils avisés de Philippe Billé. A cette époque seul Jean-François Dumont avait eu l'audace de venir me rendre visite dans le garage qui me servait de buanderie et d'atelier rue Victor Schoelcher. J'étais solitaire et nouveau à Bordeaux. C'est Zinedine Zidane un jour de juillet 1998 qui m'incita à venir vivre dans la capitale Aquitaine. Depuis avec Isidore la route semée d'embuches et de joies nous partageons. Peu de ses ami(e)s sont devenu(e)s les miens et mes copains et copines sont toutes et tous passés chez lui dans son Atelier. Notre amitié est une boule d'énergie brute et primitive contemporaine. Nous nous rendons l'ascenseur régulièrement depuis cette date pour partager nos rencontres et nos projets. Aussi quand il me proposa de partir avec lui et Franck Garcia à Vilnius pour suivre l'exposition de nos travaux qui avait débuté six mois auparavant dans huit villes de Lituanie, j'ai opiné du chef. Je n'aime plus voyager (voir 999 jours sur Twitter) Mais je me devais de suivre mon compagnon. Nous avons décollé de Mérignac aéroport la grenouille et moi dans un Embraer 190 de la compagnie KLM pour Amsterdam le 26 août tôt le matin service à bord de deux petits sandwiches au fromage (?) accompagné d'une serviette en papier avec les moulins de Vincent imprimés. Plus les artistes de génie ont souffert plus nous retrouvons aujourd'hui les signes de récupération gratos de leur boulot. La liste est longue. Amsterdam que je ne connais pas me parait vu du ciel magnifique. Nous boirons, moi un café et Isidore dans un hollandais parfait aura un chocolat froid qu'il demandera x fois de faire réchauffer. Je me marre. En C18 nous attendrons d'embarquer. Le Boeing 737 d'Air Baltic chauffe ses moteurs sur le tarmac, et c'est secoués comme des, au choix pruniers, cocotiers, que nous atterrissons quelques heures plus tard à Vilnius.Edita Rakauskaité et Romualdas Balinskas dans sa mini voiture de course sont venus nous chercher. S'en suivra quelques jours intenses de rencontres et de partage dans une ville et ses environs extraordinaires. En clôture l'exposition à la Galerie de l'Académie dans le centre névralgique de la cité. Dire tout ce qui se passe dans ces moments est illusoire, j'ai cherché à comprendre ce qu'était ce pays. Les artistes ici m'ont accompagné dans divers lieux de leur influence chez Vita et Romualdas le premier soir pour composer et faire la photographie du catalogue de l'exposition. Rencontre avec une dame de 95 ans, sculptrice et pétillante de curiosité. La petite galerie sous la maison, les séries de travaux de Romualdas sur des formats identiques. Le château de Trakai. La campagne.Dainius Gintalas ,Erika Gintaliene, Lauksme Gintallaité,Talis, hospitalité dans leur maison à Maskoliskes. Le temps ne passe pas, il s'allonge dans les paysages d'un autre temps certainement d'un autre siècle. Nous irons visiter l'ancien Vilnius sur la route du retour, Kernavé et ses sept collines. Tout au long de ce voyage je pense à mes copains Denis Thomas,Bruno Falibois que j'imagine photographier les murs et les gens de ce pays. Lilija Puipiené et Mikko Waltari nous reçoivent pour dîner chez eux, il y a là étonnamment une autre dame de 95 ans, je pense à ma maman avec émotion. Mikko fait fumer un saumon dans un machin avec du bois de duelle de tonneau bordelais. Il nous montre ses photographies et nous explique sa démarche. Pour chaque image un pied de nez à notre société terrible et dérisoire à la fois. De trés trés grandes images qu'il n'expose que trés peu. Quelquefois nous allons au bord de la rivière dans la République d'Uzupio boire de la bière et discuter. Isi est heureux ici, ça lui rappelle beaucoup de souvenirs et il m'inonde d'anecdotes. Edita qui sera notre principale interlocutrice est douce et attentive à notre état. J'ai parfois l'impression d'être à Cologne avec mes ami(e)s du partage. je passe un temps fou à regarder les murs. Visite au Musée du Fluxus Kabinet de Jurgis Maciunas une grosse pensée pour Jean-François Chapelle. Un grand moment pour moi de retrouver des photographies de Ben Vautier et de cette bande bien d'avant-garde. Sur les conseils de Pierre Stéphane Mainardo, j'ai rencontré à l'institut français Loïc Salfati et son épouse, la gentille occasion de leur part de me présenter à M. l'attaché culturel et directeur de l'institut Jean-Marie Sani qui nous réservera un accueil chaleureux et viendra visiter ensuite l'exposition à la Galerie de l'Académie. Vernissage de l'exposition vraiment sympathique en compagnie des artistes et de leurs ami(e)s et familles. Beaucoup de jeunes gens intéressés par le travail et les démarches. Dainius a lu nos textes traduit par ses soins. Et chacun a présenté l'idée de cette exposition collective Rendez-vous sur le Pont. Travail de longue haleine pour les organisateurs Arvydas adorable homme qui s'applique à parler le français pour honorer notre visite, Edita, Dainius, Romualdas, Lilija avec qui je partage une complicité méléncolique et toutes les équipes des lieux d'accueils. Des choses, des gens, des lieux, nous devons toujours regarder d'un côté ou d'un autre, sentir ce qui va arriver, peut-être non. Imaginer le reste, construire et recommencer. Ecrire n'existe, peindre sur des morceaux choisis, envelopper le temps du mystère des dernières heures. J'ai pu peindre des têtes sur des murs à l'intérieur et à l'extérieur et trouver tout un champ d'écriture. Le centre de l'Europe pour un homme né au centre du Monde est aussi dérisoire qu'instructif. Nous sommes partis la veille au soir de mon départ dans la forêt immense de ce parc de sculptures unique. Un dernier temps loin de Vilnius, moment de grâce avec des oeuvres limpides dont je ne vais retenir parmi des centaines que celles de Magdalena Abakanowicz. Nous nous perdrons dans la forêt, la nuit tombera, nous marcherons quelques temps mi inquiets, mi goguenards dans l'obscurité. Il y aura une dernière soirée en compagnie de Rita Skarnuliéné. Une dernière bouteille. Le temps du départ. Dainius me posera à l'Aéroport de Vilnius au matin duquel j'embarque dans un De Havilland Bombardier DHC-8 avec vingt cinq minutes de retard pour Riga d'où j'aurai huit minutes pour trouver la Gate B5 et sauter (oui sauter !) comme dernier passager dans un Boeing 737-300 d'Air Baltic à destination de Bordeaux.

Un grand grand merci à toutes et tous. Des bises à mon Isi. Le souvenir de ce voyage est pour toi.

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Posté par autoportrait à 14:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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